Dogfight en Mirage III

Lors de mon cours de contrôleur radar militaire à Payerne en 1991, tous les élèves ont eu l’opportunité de voler en jet supersonique. Certains ont volé en Tiger et d’autres comme moi ont pu voler en Mirage. Mon collègue sédunois et moi-même devions participer à des missions d’interception en altitude ; malheureusement à cause d’un problème technique sur le siège éjectable, le vol de mon collègue fût annulé et il prit part au deuxième vol à ma place.

Heureusement, mon vol eut lieu finalement en fin d’après-midi, mais il ne s’agissait plus d’un exercice d’interception mais de combat aérien rapproché : un combat 1 v 1 v 1 (un contre un contre un), un peu plus chargé niveau accélération…

Décollage en formation serrée en piste 05 et nous traversons la voie aérienne en direction de la zone d’entraînement sur les Alpes bernoises. Nous sommes vraiment très près du Mirage leader, mon pilote se fait plaisir !

J’en profite pour faire quelques photos. Arrivée dans la zone d’entraînement, nous faisons le « Warm Up » : un virage de 180° à 4 G suivi d’un deuxième 180° à 7 G, les combinaisons anti-G serrent fort, tout fonctionne à merveille. Les avions se séparent alors et s’éloignent sur des caps divergents de 120°. Quelques dizaines de kilomètres plus loin, chacun fait demi-tour et nous nous fonçons dessus, le combat peut commencer.

Comme nous n’avons pas de radar de bord, un contrôleur tactique nous guide en nous donnant des indications sur la position des deux adversaires, nous nous rapprochons très vite. La tension monte à mesure que le contrôleur tactique égrène la distance nous séparant des « diaboli », nos yeux scrutent le ciel. « Vista diaboli », un Mirage III nous arrive de face et en dessous, un rapide split S et nous plongeons derrière lui

Les G s’accumulent, la respiration devient difficile avec l’anti G qui vous comprime fortement le ventre, l’avion vibre mais ne décroche pas, un grognement dans les écouteurs nous indique que la tête chercheuse du Sidewinder a trouvé sa cible ; finito finito finito, tout le monte se sépare à nouveau et on recommence plusieurs fois le combat.

Excusez la qualité des photos d’époque faites avec un compact Canon Prima à focales fixes 28/50 mm.

© Philippe Rey