A qui sont ces photos ?

Telle est la question qui se pose lorsque l’on voit une belle photo, sympathique ou fort à propos. « Faire une photo c’est facile, y a qu’à appuyer… ».

Certes. Ceci posé, encore faut-il saisir le bon moment, tenir compte de l’ambiance (cadrage, lumière, arrière-plan, mobilité du sujet)… et maîtriser ces ordinateurs portables que sont devenus les appareils de photo modernes. En plus faut-il quelquefois retravailler la photo avant qu’elle soit présentable. Bref, tout un art.

C’est là qu’est la question. La photo est un art. Soyons honnêtes, rien à voir avec les heures passées à réaliser un tableau de maître ou une sculpture. Mais si vous regardez bien, certaines photos laissent transparaître le sentiment du photographe : passion du sujet, soin de l’ambiance, message transmis par la composition de l’image.

Outre son aspect pur et simple, il y a ce qu’implique cette photo : beaucoup de temps passé pour la réaliser et des frais considérables : équipement onéreux, voyage coûteux et, dans le cas des photos air-air, le prix du vol, du carburant, l’organisation à mettre sur pied, etc. Ce qui, comme toute passion, pèse souvent lourd sur un budget limité.

Une photo est donc autre chose qu’une simple image. Elle est le résultat d’efforts techniques et humains tendant à produire quelque chose témoignant d’un évènement, illustrant un propos, ou qui soit tout simplement divertissant.

Il est toujours agréable au photographe de constater que sa photo plaît. Cela signifie qu’il n’a pas travaillé en vain. La majorité des spotters ne sont pas des professionnels et ne prétendent pas vendre leurs photos comme une marchandise en la réduisant à sa valeur monétaire. Pour un spotter, une photo est avant tout liée à une anecdote : voyage, rencontre, évènement apprécié, fatigue, situation cocasse… Mais le résultat est là : une photo pour faire vivre ce souvenir. Le spotter moyen ne souhaite qu’une chose : que sa photo soit reconnue comme son travail.

C’est là que la bât blesse : des photos sont régulièrement reproduites un peu partout au mépris du savoir-vivre le plus élémentaire. Sans entrer dans le galimatias juridique des droits d’auteur, est-il si difficile de demander à l’auteur si l’on peut utiliser sa photo ? A notre époque de sur-communication, est-il si difficile de se parler ?

Il n’est pas toujours possible de trouver l’ayant-droit de telle ou telle photo. Il existe même des cas où l’auteur de la photo est inconnu ou souhaite le rester. Mais de la même manière qu’il n’est ni légal ni bienséant de photographier n’importe quel individu et de faire usage de cette photographie à tort et à travers, il est grossier et méprisant de s’arroger le droit d’utiliser n’importe quelle photo sans prendre contact avec son auteur.

Dans la majorité des cas, le photographe sera enchanté de l’intérêt porté à son oeuvre et souhaitera simplement que sa photo soit reconnue comme telle. Cela veut dire : son nom sous la photo. Est-il vraiment impossible de faire preuve de respect et de gratitude ?

Ecrit par Luc « MiG Mad Spotter » – Photos : Laurent Baudillon


Whose photos are they ?

This is the question when one sees a nice, sympathetic or well-suiting photo.

« Making pictures is easy, just push the button… ». Got it. This stated, one still has to catch the right momnet, take into account the ambience (light, all the mess behind, moving subject)… and master these computer-like modern cameras. Then, sometims the photo must be worked on with a computer before it can be considered as a good picture. This is an art

That is the question. Photography is an art. Let’s be honest, nothing to do with endless hours spent to paint a Modigliani or realize a sculpture. But if you observe carefully, some pictures bear the photographer’s sensitivity of the moment : passion for the subject, care of the ambience, message given through picture’s arrangement.

Beyond just its look there is what this photo means : a lot of time spent to realize it and quite an amount of money : costly material and travel and, talking about air-to-air photography, the bill for flight, fuel, organisation to set on, and so on. That is, as every hobby, quite heavy on limited budget.

A photo is therefore something else than a simple image. It’s the result of technical and human efforts with the aim to produce something to witness an event, to illustrate a word, or just to please one’s eyes.

It’s always pleasant for the photographer to see his picture is appreciated. That means he didn’t work for peanuts. The vast majority of spotters aren’t professionals and do not pretend to sell their photos as a merchandise, reducing it to its monetary value. For a spotter, a photo is before all linked to a story : travel, meeting with somebody, appreciated event, tiredness, funny situation… Anyway the result is here : a photo to revive this moment. The lambda spotter just wishes his photo to be recognized as his work.

That’s where the engine doesn’t run very well : photos are regularly reproduced here and there with total indifference for basic gentlemanship. Without going to lawyer’s alien language about copyright, is it so difficult to ask the author if I can use his photo ? In our time of over-communication, is ti so difficult to talk ?

It is not always possible to find the copyright holder for such or such photo. In some cases, the author is even unknown or wants to remain anonymous. But, as it is neither legal nor gentlemen-like to take a picture of an individual and use this picture freely from left to right, it is offensive and contempting to state abruptly one has the right to use any picture without getting in touch with the author.

In most cases, the photographer will be very happy to see the interest given to his work and just wish his picture to be acknowledged as such. This means : his name under the picture. Is it really impossible to show respect and gratitude ?

Writing by Luc « MiG Mad Spotter » – Pictures : Laurent Baudillon