Patrouille des Glaciers 2010

REY_4683_b_1004

La Patrouille des Glaciers (PDG), célèbre course de ski-alpinisme fait partie des plus importants évènements sportifs de Suisse, même si elle reste très peu connue en Suisse alémanique. Imaginée durant la deuxième guerre mondiale par les capitaines Rodolphe Tissières et Roger Bonvin (futur président de la Confédération), la première édition eut lieu en 1943. C’était un exercice exclusivement militaire qui permettait de tester l’état de préparation et l’endurance des troupes d’infanterie de montagne. Cet exercice ne fut plus renouvelé après l’accident qui endeuilla la troisième édition en 1949 durant laquelle trois militaires disparurent dans une crevasse.
REY_7294_bREY_5404_b
Photo de gauche : Sur la DZ à Arolla, un assistant de vol s’occupe d’accrocher le filin d’une charge externe à un EC635. Photo de droite : EC635 à flanc de montagne.
Ci-dessous : EC635 à proximité du passage de la Rosablanche.

REY_7266_b

A sa renaissance en 1984, la PDG est devenue une course de ski-alpinisme ouverte aux civils et dès 1986 aux femmes ! Elle connaît un succès sans cesse croissant qui oblige l’organisation à limiter le nombre de participants et à procéder à plusieurs départs. Chaque deux ans ce sont 4200 patrouilleurs par équipes de trois, militaires et civils, en provenance de Suisse et de nombreux autres pays qui se mesurent sur les deux différents parcours : la « Grande Patrouille » relie Zermatt à Verbier sur 53 km à vol d’oiseau avec à la clef 4000 mètres de dénivelé positif ; les concurrents de la « Petite Patrouille » s’élancent d’ Arolla  et rejoignent également Verbier au terme d’un parcours de « seulement » 27 km. L’édition de cette année s’est déroulée dans des conditions parfaites ; plus de 1480 patrouilles ont pris le départ et trois nouveaux records ont été établis.
La préparation de la PDG durant les semaines précédant la course ainsi que le transport des personnes durant la course impliquent de nombreux mouvements d’hélicoptères ; ainsi des zones de danger (LS-D) avaient été publiées. Lors des deux jours de course, Skyguide a assuré le contrôle AFIS sur les sites de Verbier et de la Rosablanche.
REY_4954_bREY_9091_b
Si l’édition 2010 de la Patrouille des Glaciers a été le premier engagement d’envergure des nouveaux EC635 (photo de gauche) des Forces aériennes suisses, il marque la fin d’une époque pour les Alouette III (photo de droite). Ces appareils seront tous retirés du service à la fin de l’année 2010. Ci-dessous: L’Alouette III, bien qu’ancienne, est fiable et robuste. Le « système D » est parfois de mise lors de certains transports…

REY_5806_b

REY_6029_bREY_8706_b
Ci-dessus à gauche: Alouette III au départ de la DZ d’Arolla. Ci-dessus à droite: Deux Alouette III à la DZ de la Rosablanche.
Ci-dessous: Lors de l’atterrissage sur une DZ de montagne, le mécanicien de bord regarde à l’extérieur et donne des informations concernant la position du Super-Puma par rapport au sol. La neige soufflée par le rotor représente un danger, car le pilote peut perdre ses points de repère avec le sol.
REY_5090_bREY_6500_b

REY_6507

Interview du Lt-Col Patrick Voutaz, commandant des opérations hélicoptères durant la PDG.

  • Que représente la PDG du point de vue des opérations héliportées pour les Forces aériennes ?
    Il s’agit au niveau du volume (heures de vol, passagers et matérie l) de la plus grosse opération des Forces aériennes des années paires durant lesquelles s’organise la PDG. Cependant cet engagement est effectué avec un personnel bien moindre qu’un World Economic Forum (WEF) ou qu’un événement comme l’EURO 08. Les heures de vol effectuées peuvent varier fortement d’une édition à l’autre en fonction de la météo et des missions annexes ordonnées (presse,visites, etc). Le matériel transporté a lui atteint une stabilité depuis 2008 et le but avoué est de le réduire quelque peu à l’avenir. Les chiffres pour l’édition 2010 sont pour environ 250 heures de vol effectuées, 193 tonnes de matériel et 1250 personnes transportées.
  • Que représente la PDG pour le Transport aérien en comparaison avec un cours de répétition ?
    Un cours de répétition permet d’entraîner la troupe aux divers engagements du transport aériens. Les missions effectuées lors de la PDG ne représente qu’une partie de celles-ci. De plus, lors de la PDG, la majorité de personnel, exception faite des pilotes, est professionnel. Cependant un engagement de la troupe de milice est envisageable dans certains domaines. A ce jour, les priorités des Forces aériennes sont mises lors des cours de répétitions dans d’autres domaines.
  • REY_6293_bQuelles sont les particularités des engagements hélicoptères durant la PDG ?
    La grande particularité réside dans le fait d’évoluer quatre semaines en milieu alpin avec des missions se passant entre 1800 et 3800 m/M et où la météo peut changer rapidement. De plus, le volume de matériel rend cet engagement très intéressant pour maintenir le know-how des pilotes et mécaniciens au vol avec charges extérieures en conditions extrêmes, à savoir prendre en compte des facteurs comme l’altitude, la météo, les places d’atterrissage.
  • Dernière participation des Alouette III.
    Après la décision du Commandement de l’Armée de retirer du service les Alouettes III à fin 2010 déjà, celles-ci ont en effet effectué leur dernière PDG. Une fois de plus, elles ont rempli leurs missions dans le ciel valaisan à la satisfaction de tous.
  • Comment s’est passé l’engagement des EC635 sur la PDG ?
    L’engagement des EC635 dans le cadre de la PDG s’est déroulé sans problème. Certes,  la météo nous a bien aidé pour ce premier engagement : peu de vent, pas de turbulences, bonne visibilité. Mais les premiers enseignements tirés avec cette machine en très haute montagne sont très positifs. Au total, 28% des engagements  de la PDG 2010 ont été effectués avec les EC635 dans les mêmes types de missions que l’Alouette III, à savoir : transport de matériel, de passagers et missions de sauvetage les jours de course où une des deux machines engagées pour cette mission spécifique était un EC635.
  • Qu’en est-il des problèmes évoqués par la presse au sujet de l’EC635 (centrage) ?
    Il s’agissait d’un fait divers de l’introduction qui a été « gonflé ». Bien que la machine ait un centrage arrière relativement prononcé, nos « vieilles » Alouette III ont aussi ce problème de centre de gravité avec peu de charge utile et peu de carburant à bord.
  • Bilan général.
    La PDG reste pour les Forces aériennes une opération permettant aux pilotes et aux mécaniciens de maintenir leurs compétences dans des domaines spécifiques et dans des conditions particulières et souvent pénibles. En 2010, elle nous a permis de tester dans les conditions particulières qu’offre cette mission le nouvel hélicoptère EC635. Si l’édition 2010 s’est déroulée dans des conditions parfaites notamment au niveau de la météo, il faut savoir que 2012 sera différente et qu’il faut rester vigilant à tout moment afin de garantir un tel engagement avec le maître-mot qui est notre devise depuis plusieurs éditions « SECURITE ».

Photos et texte : Philippe REY

Ci-dessus: Super-Puma en train de récupérer du matériel en haute-montagne.

REY_6339_bREY_5601_b

Ci-dessus à gauche: Ça souffle fort sous un Super-Puma (ici à Arolla)…    Ci-dessus à droite: Alouette III au départ de la Rosablanche avec une équipe de télévision à bord.
REY_6794_bREY_4350_b
Ci-dessus: Alouette III et EC635 au départ de la Barma (en arrière plan, le mur du barrage de la Grande Dixence. Ci-dessous: les hélicoptères civils sont aussi de la partie (Ecureuil à gauche, EC130 à droite).
REY_5420_bREY_5343_b
Ci-dessous: Super-Puma arrivant tout en douceur sur une DZ en pente.

REY_7146_b_2